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« No Sarkozy Day » c’est pour quand ?

Des blogueurs anti-Berlusconi ont rassemblé 300 000 personnes à Rome, pourquoi pas nous face a Sarkozy ?

mardi 8 décembre 2009


Voir en ligne : http://www.arretsurimages.net

No Sarkozy Day :un « No Berlusconi Day » à la française ? Beaucoup de blogueurs engagés y croient... mais entre l’atomisation des égos et le manque de mot d’ordre, ils doutent de pouvoir lever les foules contre un Sarkozy moins sulfureux que son collègue italien *.

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Succès spectaculaire pour le No-B Day (le jour du Non à Berlusconi). Répondant à l’appel d’un groupe de blogueurs soutenus ensuite par de nombreuses organisations, des centaines de milliers de manifestants ont défilé hier à Rome pour demander la démission de Sivio Berlusconi. Partie à 14 h de la piazza della Republica, la manifestation est arrivée à 17 h piazza San Giovanni. Il y avait plus d’1 million de personnes selon les organisateurs, 90 000 selon la police. Plusieurs personnes ont pris la parole au cours du meeting qui a suivi : journaliste, magistrat, blogueur etc.. mais pas de représentants de partis politiques. La manifestation s’est terminée par un concert à partir de 18 h 30.

Tout a commencé en octobre dernier, à l’initiative d’un blogueur anonyme abrité derrière le pseudonyme San Precario, deja createur de l’Euromayday, que la presse italienne a comparé au sous- commandant Marcos (organisateur masqué de la révolte des Indiens du Chiapas au Mexique). San Precario a ensuite été rejoint par cinq blogueurs (dont un étudiant en droit souvent cité), qui ont ouvert le 9 octobre une page Facebook No.Berlusconi.Day appelant à manifester le 5 décembre. Le succès a été rapide : plus de 360 000 fans, une centaine de groupes locaux en Italie, une quarantaine dans le monde, de Paris (rendez-vous au Trocadéro) à Washington en passant par Londres ou Buenos Aires. Plusieurs personnalités ont participé à la manifestation. Des divisions internes ont empêché le PD (Partito Democratico), principal parti de gauche, d’appeler à la manifestation.

No-B Day

Le 28 octobre, les organisateurs ont acheté le nom de domaine Noberlusconiday.org pour créer la page officielle de la manifestation avec des numéros de téléphone : un pour le service de presse, un pour les moyens de transport. Plusieurs quotidiens (Il Fatto, L’Unita, Il Manifesto) et organisations sont devenus partenaires officiels. Au fur et à mesure, plusieurs conférences de presse on été organisées et ont fait l’objet de reprises dans la presse italienne.

Le texte de l’appel à manifester a été traduit dans un quinzaine de langues dont le français :

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* Un « No Sarkozy Day » ? Ce n’est pas pour tout de suite, mais...

Sylvain Lapoix - Marianne

Mardi 8 Décembre 2009

Un « No Berlusconi Day » à la française ? Beaucoup de blogueurs engagés y croient... mais entre l’atomisation des égos et le manque de mot d’ordre, ils doutent de pouvoir lever les foules contre un Sarkozy moins sulfureux que son collègue italien. Nicolas Sarkozy ? Un « petit joueur » face au mafieux Silvio Berlusconi et à sa lourde main de capitaine d’industrie posée sur la presse italienne, de l’avis du blogueur Slovar. Pas sûr que le président français réussisse à jeter dans la rue 500 000 Italiens comme l’a fait le président du Conseil dimanche 6 décembre à Rome, à l’appel d’une poignée de blogueurs... à moins que ?

Le jour même de la manifestation, des internautes ont commencé à en rêver sur les réseaux sociaux : sur Facebook, quelques centaines ont rallié le groupe « No Sarkozy Day » pour organiser un équivalent français de la manif. Une initiative que beaucoup de blogueurs engagés jugent possible : « l’absence d’opposition facilite ce type de happening, juge le blogueur de gauche Vogelsong . Il est « confortable » et « facile » de se substituer au PS par exemple, la nature a horreur du vide. »

Le nécessaire relais des médias

Pour les blogueurs les plus critiques, la réussite d’un No Sarkozy Day rélève de l’évidence : « S’il est vraiment relayé sur la majorité des blogs politiques mais aussi avec l’appui en fond de quelques médias internet porteurs », l’initiative a toutes les raisons de mobiliser les foules selon Seb Musset, qui a répondu par la positive à l’invitation sur Twitter de BlogCPolitic.

L’idée de relais dans les médias apparaît comme un élément clé de la réussite d’une telle opération : CC, du blog Bye by CC, un minimum d’échos dans les grands médias (au Petit journal de Canal Plus, par exemple, ou sur France inter avec Stéphane Guillon), garantirait le succès populaire. La motivation et la matrice est donc là mais l’organisation inquiète un peu plus.

Internet : un mauvais outil d’organisation de manif ?

« Bien entendu, Internet est le meilleur moyen pour des blogueurs, assure le blogueur progressiste Abadinte , mais c’est un outil qui reste limité à un cercle restreint. » Un avis qui, s’il n’est pas partagé par tous, pose la question des réseaux et de la structuration d’un tel mouvement : « Qui prend la responsabilité de lancer officiellement les hostilités ? Qui récupère l’évènement ? Quid de la couverture média officielle ? », énumère Seb Musset.

Des questions qui ne sont pas sans rappeler l’embrasement des blogs et des réseaux sociaux pour la Banana république, happening visant à dénoncer la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad... et qui s’était soldé dans la réalité par « un peu plus de dix personnes sur le parvis de la Défense, se rappelle Jacques Rosselin, fondateur de l’hebdo Vendredi, revue de blogs. Toutes les tentatives d’action collectives de blogs ont échoué lamentablement : les « leftblogs », les « femmes engagées », les « kiwis »... Les blogueurs français sont très francs-tireurs et autonomes : Internet est un bon outil d’organisation pour les militants qui sont déjà sur le terrain, comme avec Obama. »

Un mot d’ordre antisarkozyste unique : nécessaire point de convergence

Pour unifier le mouvement, « il faut un mot d’ordre mobilisateur », diagnostique Malakine du blog Horizons avant de se rendre à la conclusion que, « en France, un tel mot d’ordre serait impensable : on n’imagine pas un mouvement d’opinion s’organiser pour demander des élections présidentielles anticipées, assure-t-il. Ne rêvons pas, ce mouvement ne pourrait se cristalliser qu’autour d’une opposition forte à un projet comportant une forte charge symbolique, comme le CPE... » Un avis partagé par Slovar qui n’envisage pas de mouvement sans un « message précis » pouvant découler de l’accumulation des réformes du Président.

Bien que « radicalement opposé à la politique de Nicolas Sarkozy », le blogueur gaulliste Laurent Pinsolle juge que la question « doit se régler lors des élections. » Le fait même de faire sortir les Français dans la rue apparaît comme une gageure, malgré les frémissements du début de l’année 2009... Les désillusions des militants de terrain seraient-elles partagées par les blogueurs ?

Quant à la blogosphère, trop narcissique, certains la juge peu à même de lui prendre la main : « le wikio fait un mal fou », avoue Vogelsong, faisant référence au classement du moteur de recherche des « blogs les plus influents. » « L’opposition blogosphérique reste une somme d’individualités mal organisées, et sans soutien militant de terrain, déplore Juan de Sarkofrance. Mais l’idée a germé... » Moins frontale qu’on aurait pu le croire, la blogosphère française engagée ne se laisse pas aller à un antisarkozyste primaire : pour se mobiliser, il lui faut un mot d’ordre, une lutte, une raison qui ferait de Sarkozy un véritable ennemi commun... On est loin de la diabolisation du Président ! Mais derrière, cette hésitation, il y a aussi le souvenir des maigres manifs anti-Hadopi et la conscience que le web n’a pas encore fait la preuve, en France, de sa capacité à mobiliser les Français dans la rue... à les écouter, il ne leur manque qu’une seule chose pour le faire : un peu d’attention et un bon mot d’ordre. Et pourquoi ne pas faire confiance à Sarkozy pour leur donner une occasion de combler le vide d’opposition dans la rue avant 2012 ?

**************** Italie - Où s’arrêtera la mobilisation anti-Berlusconi ?

Deux jours après la manifestation qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes à Rome, les organisateurs du No Berlusconi day se félicitent du succès de leur projet, né voici deux mois sur Internet.

Pour défier le chef du gouvernement, ils se sont appuyés sur la Toile. Et pour afficher leur indépendance, ils ont choisi le violet, « seule couleur laissée libre » par les partis politiques traditionnels en Italie. Avec une écharpe, un pull ou un tee-shirt teinté de mauve, près de 400.000 manifestants ont répondu samedi présents à l’appel lancé voici plusieurs semaines par un groupe de blogueurs sous la bannière d’un « No Berlusconi day » relayé le même jour, mais dans une moindre proportion, à Paris, Londres ou Sydney. Les organisateurs, qui espéraient 350.000 manifestants, ont donc réussi leur pari.

Le message, appuyé par le port pour certains d’un masque à l’effigie du Cavaliere dont le front était barré d’un « No », était clair : la foule présente réclamait, pour des raisons disparates, la démission du président du Conseil. Et si le réalisateur Nanni Moretti a dénoncé l’hégémonie de Silvio Berlusconi sur la télévision transalpine, si les écologistes ont montré leur désaccord avec la construction du pont sur le détroit de Messine et d’autres ont représenté les droits des immigrés, la rue romaine a samedi principalement résonné des protestations concernant les ennuis judiciaires du Cavaliere.

Déjà impliqué dans deux procès, pour corruption de témoins dans l’affaire Mills et pour fraude fiscale dans l’affaire des droits télévisés de sa société Mediaset, Silvio Berlusconi s’est ainsi vu reprocher les accusations, lancées vendredi dernier à Turin par le mafieux repenti Gaspare Spatuzza, de ses liens prétendues avec la mafia.

Des membres du mouvement « peuple des agendas rouge » ont également pris part au défilé, réclamant la vérité sur la mort du juge Paolo Borsellino, assassiné en 1992 à Palerme dans un attentat à la bombe, et dont les agendas secrets n’ont jamais été retrouvés. Si le meurtre avait à l’époque été attribué à la mafia, la presse avait soulevé de possibles complicités politiques en haut lieu.

« Mafioso ! »

Alors que les slogans « La politique se fait avec les mains propres » ou encore « Démissionne et accepte d’être jugé » s’affichaient sur les banderoles du défilé et que les cris de « mafioso ! » accompagnaient le passage des effigies du Cavaliere, Emmanuele de Pascale, l’un des organisateurs de la manifestation, expliquait : « Nous demandons la démission de Berlusconi parce que nous ne nous sentons pas représentés par lui. »

Mais le président du Conseil, face à la manifestation romaine, n’est pas resté muet, répondant à ces rumeurs de la plus spectaculaire des manières. Samedi, alors que la colère violette envahissait la capitale, Silvio Berlusconi a profité de sa présence à l’inauguration d’une portion ferroviaire à grande vitesse entre Turin et Milan pour annoncer l’arrestation des numéros 2 et 3 de Cosa Nostra, la mafia Sicilienne.

« Calomnies »

Les menottes mises à Gianni Nicchi, 28 ans, protégé présumé du chef mafieux Nino Rotolo, et à Gaetano Fidanzati, 74 ans, autre grande figure du crime organisé sicilien, démontre pour Silvio Berlusconi la « détermination » de son gouvernement, « celui qui, selon lui, a le plus fait contre la criminalité organisée ces vingt dernières années ». Et le chef du gouvernement d’ajouter : « C’est la meilleure réponse à toutes les calomnies proférées par des irresponsables qui, en agissant ainsi, ne font que jeter de la boue » sur le pays.

Des propos qui n’empêchent pas aujourd’hui les membres du « No Berlusconi day », sur leur site Internet, de célébrer depuis deux jours la réussite du mouvement de samedi. Et de réfléchir, compte tenu de leur succès, à de prochaines manifestations lancées sur la Toile. Jean Bouclier, le lundi 7 décembre 2009

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lire aussi "Walter", retour en résistance..contre Sarkozy , l’occasion de relancer l’Appel des Appels Des blogueurs anti-Berlusconi ont rassemblé 300 000 personnes

No Sarkozy Day

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