Pouvoir,Télévision, Sondages au service de la Manipulation de l’Opinion
lundi 22 octobre 2007
Utilisant intensivement des sondages biaisés, fondés sur la theorie du bouc émissaire, la nouvelle presidence se livre a une guerre ideologique particulierement aggressive envers la population, sous le pretexte de "Reformes necessaires".Ces operations de "guerre psychologique" relayées servilement par les medias :TV,radios et presse écrite servent a manipuler l’opinion publique, a culpabiliser la société civile stigmatiser futurs retraités,juges,enseignants,fonctionnaires,malades, sans-papiers, cheminots, pretendus faux-chomeurs, pretendus fraudeurs de la secu.tout cela en faisant diversion en bourrant les JT de fait-divers faisant appel a l’emotionnel.
Montrant toujours du doigt un ennemi interieur (pedophiles,méres infanticides, immigrés, musulmans, racaille juvenile etc) pour mieux créer la peur, l’insécurité, l’isolement intellectuel, la docilité et l’asservissement pour controler.Ceci ,afin de mieux ignorer les vrais enjeux que sont la repartition des richesses produites,les acquis sociaux,la securité de l’emploi,le pillage de l’épargne populaire etc ,et afin de passer des lois de controle de plus en plus liberticides.
Vieilles ficelles que tout cela crées en 1928 par Edward Louis Bernays (1891 –1995) neveu du psychanalyste Sigmund Freud, auteur de "Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie" et utilisées intensivement depuis a Berlin,Vichy,Moscou et Washington. Depuis 20 ans tel la grenouille plongée vivante dans une casserole d’eau froide sur le feu,le citoyen lambda sent la temperature et la pression augmenter,pendant que le tissu social et toutes les valeurs (droit au travail,a un juste salaire, au logement, a la santé,la citoyenneté,les acquis) de la société sont saccagées..
Nous allons dans les jours a venir, mettre en ligne un dossier composé de plusieurs articles sur la propagande,la manipulation,la désinformation par médias interposés afin d’eclairer le lecteur sur le controle social et la construction mediatique de "Malaises Sociaux" afin de créer un chaos l ou la gestion de la precarité sert de regulateur des masses.. Il y sera l’occasion de decouvrir ensemble les travaux de Jacques Ellul, et Pierre Bourdieu.
Voir en ligne : http://1libertaire.free.fr
La fin programmée de la démocratie
Nous vivons depuis dix ans un changement radical du type de régime politique dans les pays occidentaux, avec l’avènement d’un nouveau pouvoir, celui des réseaux économiques et financiers.
Voici les raisons pour lesquelles nous ne sommes déjà plus tout à fait en démocratie.
Armes silencieuses pour guerres tranquilles
Les clés de la compréhension du monde et de ses règles du jeu véritables se trouvent peut-être dans un document des services américains de "psychological warfare ops" qui utilise certaines théories issues de la cybernétique pour définir un "manuel de programmation" de la société, ainsi que les principes d’une guerre contre les citoyens. Il expose en détail les stratégies et les objectifs de ceux qui ne sont plus les chefs de gouvernements, mais les dirigeants des grandes organisations économiques et financières* grands amis des pseudos socialistes comme Jacques Delors au conseil de l’europe et Pascal Lamy a l’OMC avec l’AGCS, fossoyeurs d’une Europe monétairairement et politiquement indépendante. ( *Davos,Rand Corporation,Overseas Development Council, Trans Atlantic Business Dialogue ainsi que le Bilderberg group qui ne sont que la partie visible de think-tanks et lobbies ultra-libéraux basés a Bruxelles,Londres,Paris et Washington), le seul pouvoir à dimension planétaire... Ce n’est pas une coincidence si la Russie de Poutine a renationalisé toutes les sources de matiéres premiéres de l’ex-urss afin de pouvoir de nouveau etre en position de jouer dans la cour des grands et negocier avec des groupes financiers qui regissent la planéte aujourd’hui et qui sont par ailleurs le bras armé de l’idéologie ultra-liberale americaine.
Ces stratégies, masquées mais évidentes pour "celui qui sait quoi regarder", sous-tendent la transformation radicale et accélérée de la société et de l’économie mondiale.
Une transformation qui nous emmène plus vite que nous ne le réalisons vers un monde déjà décrit par de nombreux livres et films de science-fiction : Rollerball, Soleil Vert, Blade Runner, Matrix, ou Le Meilleur des Mondes..
Toute science est essentiellement un moyen vers un but. Le moyen est la connaissance. Le but est le contrôle. Au delà de ceci demeure une seule question : Qui sera le bénéficiaire ?
Afin d’atteindre cet objectif, il était nécessaire de créer, de protéger, et d’utiliser de nouvelles armes qui, comme l’avenir le vérifia, étaient un type d’armes si subtiles et sophistiquées dans leur principe de fonctionnement et leur apparence publique qu’elles obtinrent le nom "d’armes silencieuses". En conclusion, l’objectif de la recherche économique, telle qu’elle est conduite par les dirigeants du capital (banques) et des industries de biens et services, est l’établissement d’une économie totalement prévisible et manipulable
Voici une brillante synthèse des stratégies et techniques employées pour la manipulation de l’opinion publique et de la société, rédigée par Sylvain Timsit.
|1| La stratégie de la diversion
Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie et de la cybernétique. "Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux." (1)
|2| Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée "problème-réaction-solution". On crée d’abord un problème, une "situation" prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : la gestion par l’Elysée du regime des retraites ,demande de sondage (en choisissant un ennemi les regimes speciaux,qui ne sont qu’une étape, on prepare le public a une augmentation des annuités pour tous,le deficit étant plus ample que prévu,une faute de gestion devient un motif de culpabilité collective ! Alors que les multinationales annoncent des resultats records (on peut d’ailleurs s’interroger sur la veracité de bilans ou la dette est externalisée sur les marchés boursiers etrangers grace aux conduits (usines a gaz/blanchiment) :voir le scandale des sub-primes ou le pire reste a venir pour de grands groupes bancaires francais a la double comptabilité : celle pour l’AMF et celle interne aux conseils d’administration) ou laisser se développer la violence urbaine, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
|3| La stratégie du dégradé
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en "dégradé", sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement. (2)
|4| La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme "douloureuse mais nécessaire", en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que "tout ira mieux demain" et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. Exemple récent : le passage à l’Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple : les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.
|5| S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Exemple typique : la campagne TV française pour le passage à l’Euro ("Les jours euro"). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? "Si l’on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans." (1)
|6| Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...
|7| Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. "La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures." (1)
|8| Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver "cool" le fait d’être bête, vulgaire et inculte...(loft story,la ferme,lagaf,arthur,télé-realité)
|9| Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état* dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution ! (3)
*(théorie :le trou de la sécu en fait est bénéfique au pouvoir et tolérée comme regulateur des soubresauts de la société ! le jour ou les francais cesseront d’etre le premier consommateur d’anti-depresseurs d’europe (c’est la télé qui le dit),pour soigner leur mal-etre/dépression/schizophrenie ils se revolteront)
|10| Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie et la psychologie appliquée, le "système" est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
(1) Extrait de Armes silencieuses pour guerres tranquilles (2) Lire La stratégie de la hache de pierre (3) Lire ou relire Le blues du chômeur
NDLR : |11| La stratégie du bouc émissaire rajoutée par notre ami Guillaume de Baskerville, à lire en commentaire.
Manipulation de l’opinion, mode d’emploi | 2
par GdB
C’est effectivement un très bon résumé des méthodes employables (et employées), en particulier dans le domaine des "réformes" si chères aux élites libérales. En cela, elles sont d’ailleurs aidées par de la matière grise de haut niveau, comme des cabinets de consultants ainsi que les désormais nombreux "think tanks" spécialisés en "stratégie" de l’opinion et des politiques publiques...
Je ne peux que citer ici un exemple très récent et illustratif d’une autre méthode très efficace et non citée dans cette liste (mais il est vrai que Machiavel a fait découvrir l’existence d’un élarge évantail dans ce domaine, et nul doute que s’il était encore de ce monde, il croûlerait sous les demandes de "consulting"...). Cette autre technique s’appelle tout bêtement le Bouc Emissaire et s’applique très bien à la question des chômeurs, des immigrés (surtout quand en plus ils sont l’un et l’autre !), ainsi qu’aux SDF. En clair, faire peser sur une partie de la population la responsabilité de la cause d’un problème, la particularité de l’approche consistant en ce que cette partie sacrifiée de la population soit à l’origine la première victime du problème (ou de la "REFORME") au lieu d’en être les coupables bien sûr... Le résultat est alors double : non seulement on a commencé a appliquer une réforme en commençant "petit" et en ciblant une population réduite (ce qui est déjà un bon début),mais en outre ceux qui sont véritablement visés (une population plus grande), tout affairés qu’ils sont à taper de concert sur ces boucs émissaires, ne voient pas (et ne veulent pas voir) qu’ils sont en réalité les vraies perdants à terme de la manoeuvre. Bien sûr, cette stratégie utilise des points cités dans l’article selon un harmonieux mélange, fait d’émotionnel, de diversion, de culpabilité retournée vers soi (lire à ce sujet " La soumission librement consentie" de Jean-Léon Beauvois et Robert Vincent Joule et le "Traité de la servitude libérale" .
Illustrons donc par cet exemple récent dont je parlais, tiré de la deuxième note du Collectif ACDC présentée ici même qui fournit la dernière preuve en date en provenance de l’OCDE du fait que FAIRE PRESSION SUR LES CHOMEURS POUR MIEUX FAIRE PRESSION SUR LES SALARIES est une stratégie délibérée aux plus hauts niveaux de pilotage économique... A quoi sert la pression actuelle sur les chômeurs ? Pourquoi cette tendance générale, dans l’Union Européenne (cf. les réformes Hartz en Allemagne), à accentuer la stigmatisation des chômeurs ? Pourquoi cette omniprésence dans les débats et l’opinion publics de "l’évidence" de comportements individuels "déviants" d’assistés soi-disant abusant du système de protection sociale ?
Indépendamment des réactions morales ou politiques suscitées par cette nouvelle "chasse aux mauvais pauvres" qui semble comme faire écho aux formes anciennes de traitement punitif des mendiants et autres vagabonds, on peut à tout le moins être surpris d’une telle tendance.
L’OCDE, à sa manière cynique, apporte la réponse dans son récent rapport sur l’emploi :
« Les réformes structurelles, qui commencent par générer des coûts avant de produire des avantages, peuvent se heurter à une opposition politique moindre si le poids du changement politique est supporté dans un premier temps par les chômeurs. En effet, ces derniers sont moins susceptibles que les employeurs ou les salariés en place de constituer une majorité politique capable de bloquer la réforme, dans la mesure où ils sont moins nombreux et souvent moins organisés » .
Source : Perspectives de l’emploi de l’OCDE (2006). Stimuler l’emploi et les revenus, page 76 ; cité par Laurent Cordonnier dans un article récent du Monde Diplomatique ("Economistes en guerre contre les chômeurs"
*********************************************
Les théories de la "soumission librement consentie"
Psychologie
Peut-on influencer quelqu’un au point de l’amener à modifier en toute liberté, sans avoir à exercer sur lui de pressions, ni même sans avoir à le convaincre, ses décisions ou son comportement ?
Comment le cadre peut-il conduire le changement sans pour autant l’imposer ?
Ce problème de psychologie sociale et plus précisément de la psychologie de l’influence a été mis en évidence par plusieurs auteurs dont J-L BEAUVOIS et R.V JOULE [1] qu’ils ont nommé la "soumission librement consentie". Ils se sont intéressés aux problèmes de manipulations et d’influences auxquelles nous sommes quotidiennement confrontés.
Persuasion ou manipulation ?
Tout repose sur le fait que l’on part du postulat que l’homme est rationnel et qu’il agit en fonction de ses idées. Kurt LEWIN [2](1947) nous explique que lorsqu’on veut obtenir d’autrui qu’il modifie ses idées ou change ses comportements, plutôt que d’adopter une stratégie qui repose sur la persuasion, il est souvent plus efficace d’opter pour une stratégie dite "comportementale". Cette dernière consiste en l’obtention d’entrée de comportements préparatoires à ce changement. Et si l’on veut induire des changements de comportements avec quelque chance de succès, mieux vaut alors opter pour des stratégies qui reposent sur une obtention d’actes. Même s’ils paraissent dérisoires, ces derniers engagent celui qui les émet, rendant ainsi plus probable l’obtention du comportement attendu. Ces stratégies d’influence reposeront donc, dans une situation donnée, sur l’obtention de décisions susceptibles d’affecter dans le sens souhaité, les choix, les opinions ou les comportements à venir.
Soumission sans pression et soumission forcée
Ces actes attendus ou plus directement appelés "extorsion de comportements du sujet" peuvent être répartis en deux catégories :
Soumission sans pression :
comportements extorqués au sujet qui ne sont pas problématiques. Ainsi, combien de fois avons nous accepté de garder la valise de quelqu’un qui devait s’absenter pour téléphoner ou de changer provisoirement de poste de travail pour remplacer un collègue momentanément absent ? Ici, la soumission est sans pression puisque peu coûteuse mais que nous n’aurions peut-être pas accepté spontanément.
Soumission forcée :
comportements extorqués au sujet qui sont plus problématiques et plus coûteux. A titre d’exemple FREEDMAN et FRASER [3] (1966) nous montrent comment des ménagères ont été conduites à accepter l’implantation dans leur jardin d’un encombrant panneau en faveur de la sécurité routière. Alors que 16 % des ménagères acceptent spontanément lorsqu’on leur en fait la demande, 76% y consentent lorsque l’expérimentateur leur demande une semaine avant de poser un simple autocollant chez elles sur la prévention routière. Ainsi, afin d’accroître le taux d’acceptation, on fait précéder un comportement moins coûteux, avant d’extorquer le comportement souhaité. Aussi, combien de cadres dans l’exercice de leurs fonctions ont-ils été amenés à demander à leurs agents de changer de roulements, de revenir sur des jours de congés, voire plus ? En termes de management des ressources humaines et surtout de gestion quotidienne des roulements, la soumission librement consentie et la soumission forcée peuvent être des outils très utiles au cadre...
"Pied dans la porte" et amorçage
L’expérience citée précédemment illustre parfaitement la technique dite du "pied dans la porte". Son principe est simple puisqu’il consiste à demander peu dans un premier temps pour tenter d’obtenir beaucoup par la suite.
L’exemple le plus célèbre est celui du supermarché [4]. Un premier expérimentateur demande à des ménagères de lui garder son sac de courses afin qu’il puisse retrouver tantôt le billet d’un dollar (faible justification) qu’il a perdu ou de retrouver tantôt le portefeuille garni de billets (forte justification) qu’il a perdu. Après un moment d’absence, un paquet tombait du sac à provisions d’un second expérimentateur qui passait par-là. Les ménagères allaient-elles lui signaler la perte de son paquet ? En fait, en l’absence de préparation, seulement 35 % des ménagères ont agi alors qu’avec préparation 85 % des ménagères ont agi. Par contre, les ménagères ayant été sollicitées avec une justification forte (portefeuille rempli d’argent) n’ont guère plus agi que celles avec une sollicitation faible. C’est ici d’ailleurs que l’on mesure le processus d’engagement qui n’est pas le même selon les individus et les situations.
Toujours en déduction de ce modèle d’approche, on observe que le fait de "toucher" physiquement les gens lors d’une requête augmente leur taux d’acceptation. C’est ce que l’on a appelé le "pied dans la porte avec toucher" dans les années 1980.
Quant à la seconde technique de soumission sans pression, l’ "amorçage" [5], celle ci va plus loin puisqu’il s’agit d’obtenir d’un individu qu’il prenne une décision sans en connaître le coût réel ou sur la base d’avantages fictifs. C’est souvent le cas lorsqu’on est confronté à des vendeurs d’automobiles qui soit proposent une remise de 2000 euros alors qu’évidemment ils oublient de dire que cette remise est épuisée (mensonge par omission) ou proposent une livraison du véhicule le jour même alors que cela ne sera pas possible (mensonge réel). Ainsi, après avoir pris la décision, on annonce les faits réels afin que la personne reste quand même sur la même position. Le sujet ici, reste libre de ses actes.
Encadrement et dissonance cognitive
Combien de fois les cadres dans l’exercice de leurs fonctions sont-ils amenés à informer les personnels de décisions qui leur déplaisent ? Combien de fois sont-ils obligés de gérer ce que l’on appelle communément des injonctions paradoxales ? L. FESTINGER [6] (1957) a tenté de rendre compte de ce phénomène à partir de sa théorie de la dissonance cognitive. Selon lui, "l’existence simultanée d’éléments de connaissance (cognition) qui, d’une manière ou d’une autre ne s’accordent pas (dissonance), entraîne de la part de l’individu un effort pour les faire, d’une façon ou d’une autre, mieux s’accorder (réduction de la dissonance)".
En fait, la dissonance cognitive correspond à un état de tension intérieure résultant d’une coexistence discordante entre des opinions acquises et des faits nouveaux. FESTINGER dénombre quatre types de dissonances cognitives : la première comme conséquence de décisions prises, la seconde comme introduite par un fait accompli, la troisième résultant d’un effort, et la dernière émanant d’une tentation. Dans ce dernier cas, la théorie de la dissonance cognitive permet d’expliquer que l’individu en question aura une attitude plus indulgente qu’auparavant.
Ainsi combien de fois dans l’attribution des congés d’été, ceux qui se sont vus attribuer les meilleures périodes se sentent prêts à abandonner d’autres périodes tout aussi favorables comme les congés de Noël ? Aussi, la théorie de la dissonance cognitive a surtout l’intérêt de montrer au cadre de santé comment les individus agissent pour réduire l’état de perturbation engendré par des décisions dissonantes soit :
* en modifiant la cognition, c’est-à-dire en changeant d’idée à propos de la situation nouvelle : j’affiche des idées très libérales et je refuse tout changement de planning,
* en réduisant le système d’évitement pour se protéger : il manque régulièrement du matériel dans le service, le cadre fait une information sur la nécessité de changer certaines pratiques pour économiser, on lui rétorque que c’est la direction qui ne donne pas assez de budgets,
* enfin, en sélectionnant des informations qui les conviennent en changeant de comportement face à la nouvelle situation : je refuse d’apprendre la démarche des diagnostics infirmiers parce que contraire à ma conception des soins mais j’accepte d’apprendre la technique des transmissions ciblées avec diagnostics infirmiers puisqu’elle me fait gagner du temps.
Ainsi, le besoin de cohérence explique la tendance des individus à organiser de la façon la plus optimale, à la fois les opinions et la manière de comprendre le monde de façon à se comporter en conséquence. On sait aujourd’hui que la théorie de la dissonance cognitive doit être intégrée dans le cadre d’une théorie plus générale : la théorie de l’engagement.
En conclusion
Le concept de soumission librement consentie reflète une certaine réalité. Les techniques de "pied dans la porte", d’"amorçage" et bien d’autres sont assez courantes dans la vie sociale et peuvent constituer des atouts précieux pour le cadre de santé puisqu’elles peuvent, plus souvent qu’on ne le croit, se substituer à l’exercice de l’autorité. Et il est nécessaire ici de rappeler qu’elles ne peuvent s’utiliser que dans un contexte de liberté puisque l’homme engagé est un homme libre ou qui se sent libre. C’est d’ailleurs ce qu’affirmait MOZART avec cet adage : "De la contrainte d’accepter, naît la liberté !".
REFERENCES : 1 JOULE R.V., BEAUVOIS J.L. Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, Editions Presses Universitaires de Grenoble, 1987. 2 LEWIN, Kurt, in JOULE & BEAUVOIS, "La psychologie de la soumission", Revue La Recherche, n° 202, Septembre 1988. 3 in JOULE & BEAUVOIS, 1988. 4 URANOWITZ in JOULE & BEAUVOIS, 1987. 5 CIALDINI, R.B., Influence et manipulation, Ed. Firsi, 1990. 6 FESTINGER L., ARONSON E. "Eveil et réduction de la dissonance dans les contextes sociaux" in LEVY A., Psychologie sociale, textes fondamentaux anglais et américains, Tome 1, Edition Dunod, 1980.
Note de lecture par Marc Catanas 14 novembre 2002