Depuis plusieurs mois une centaine de demandeurs d’asile d’ Erythrée, du Soudan, de Somalie, de Tchétchénie, de Biélorussie, sans hébergement ( fuyant la guerre, les représailles,) dorment dans la rue et dans les parkings à Nice – Il y fait froid, il y pleut, de surcroit ils sont aussi sous-alimentés. Leur cas fait l’objet d’un silence assourdissant de la part des pouvoirs publics.
(Il faut savoir que la loi prévoit que tout demandeur d’asile politique soit hébergé le temps de l’instruction de son dossier. Loi que la France respecte bien peu) .Le Conseil d’Etat, dans ses ordonnances, indique que si les capacités d’accueil spécifiques pour les demandeurs d’asile sont saturées, le préfet doit trouver des solutions d’urgence, pour le temps le plus court possible, pour répondre à cette obligation d’hébergement : solutions d’hôtels meublés, de foyers, mais aussi réquisitions d’immeubles vides (il y en a à Nice !)
Depuis ce samedi 9 janvier, palliant temporairement aux carences des services de l’état , un hebergement d’urgence leur a été fourni dans les locaux associatifs du Pole d’economie solidaire, ou des bénévoles et des citoyens motivés les aident et soutiennent par leur présence, des dons ou en partageant leur compétences, s’activant a les aider a se remettre sur pied aprés des mois passés dehors
Chronologie de la semaine
Jeudi 7 janvier à 20h30 à eu lieu une rencontre, dans le froid glacial du parking du Paillon, entre les dizaines de personnes qui y dorment et Monsieur le Sous-Préfet FASILLE, accompagné de Mme la directrice de la DDASS et des dirigeants du Secours Catholique.
Le représentant de l’Etat a annoncé en anglais qu’il allait tenter de leur fournir "a room to sleep" et leur a demandé de patienter encore. L’échange fut franc mais courtois et on s’est quitté avec le sentiment que les choses allaient peut-être avancer. Mais, pour l’heure, le Sous-Préfet leur a simplement souhaité bonne année et bonne nuit, les laissant dormir dans ce parking froid et hostile. Ils ont remercié chaleureusement le sous préfet d’être venu les voir,et se sont excusés de n’avoir rien à lui offrir à boire.
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Samedi 9 janvier avons décidé de demander l’hospitalité au PECOS (Pôle ECOnomie Solidaire) qui dispose de locaux rue Clément Roassal.
Des dizaines de réfugiés de la corne de l’Afrique et du Caucase dorment sous un toit pour la première fois depuis de longs mois.
Nous avons lancé un appel pour que, dès ce soir, ceux et celles qui le peuvent leur amènent de quoi subsister.
Bernard
pour le collectif de soutien aux demandeurs d’asile sans hébergement
contact : vie-partages@hotmail.fr
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Écrivez au prefet et à M Fasille pour demander le relogement :
courrier@alpes-maritimes.pref.gouv.fr ;
pftcabinet@alpes-maritimes.pref.gouv.fr ;
webmaster@alpes-maritimes.pref.gouv.fr ;
francis.lamy@alpes-maritimes.pref.gouv.fr ;
christophe.fasille@alpes-maritimes.pref.gouv.fr
tel : 04 93 72 20 00 / 04 93 72 22 01 / 04 93 72 22 02 / 04 93 72 24 01
fax : 04 93 72 22 99 / 04 93 72 24 53 / 04 93 71 89 20 /
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Dimanche 10 janvier la première journée vient de s’achever.
Couvertures, nourriture, médicaments, vêtements chauds sont au rendez-vous de nos appels. Beaucoup de visites aujourd’hui et, au moment du dîner, celle de Louis SANKALE, l’Evêque catholique de Nice. Il est resté longuement a dialoguer avec les réfugiés tout en partageant leur repas collectif.
Une première prise de parole est prévue demain à 18h30 sur RCF (FM 96.8), suivra peut-être un communiqué plus largement diffusé et la possibilité d’une prise de contact avec la congrégation propriétaire de murs inoccupés, voilà ce qui ressort de cette rencontre placée sous le signe de l’écoute.
Un médecin bénévole ausculte les malades.
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Mardi 12 : le couple Tchétchène dont l’épouse souffrait dune grave maladie est relogée dans un studio pour un mois par le secours Catholique.
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MERCREDI 13 : Nice-Matin fait un premier écho sur la situation.
On y apprend que le Sous-Préfet devrait fournir des solutions ce jeudi, que des associations y travaillent aussi, qu’une trentaine de chambres seraient d’ores et déjà disponibles, du fait des recherches difficiles en ces temps pré-carnavaliers, de nos collègues du Secours Catholique. Que des bonnes nouvelles, quoi ! De nombreux appels pour solliciter un hébergement parviennent au PECOS .
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Jeudi 14 janvier : Visite de travail ce matin de Bruno DUBOULOZ venu rencontrer pour ISN (Inter Secours Nice, qui regroupe toutes les associations oeuvrant dans le social à Nice) les porte-parole des habitants du PECOS. On lui fait confiance pour tenter d’éclairer les associations niçoises sur ce que subissent nos amis fatigués et déçus. Il est minuit et nous attendons toujours les propositions d’hébergement promises, selon Nice Matin, par les services de l’ Etat pour ce jeudi. On verra demain ce qu’il en est. Il y a des patiences qui trouvent leurs limites...
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Vendredi 15 janvier : La lecture de Nice Matin nous a mis en joie. Le journal officiel de la Côte d’Azur fait, pour la deuxième fois, l’économie de nous contacter, répète les lieux communs de sa dernière livraison sur le même sujet, et annonce presque triomphalement des solutions.
2 personnes ont appelé le sous-préfet Fasille ce soir à 18h, conversation qui a duré 30 min.
Nous lui avons demandé, en tant que citoyens français, où en était l’action de l’État concernant l’hébergement de la quarantaine de réfugiés du PECOS.
Voici un résumé de ce qu’il nous a dit :
- Il travaille conjointement avec le Secours Catholique, ALC et API Provence, il "met le paquet sur sa préoccupation n°1" et a même alloué "un budget supplémentaire et un comité de suivi" à celle-ci.
Les réfugiés du PECOS sont "les victimes collatérales d’un engorgement dû à l’avalanche des demandeurs d’asile" qui "sortent comme des lapins d’un chapeau" (accroissement cette année de 30% des primo-arrivants).
Il refuse d’en arriver à la solution des réquisitions de logements car "ce n’est pas nécessaire".
Son objectif est que les réfugiés du PECOS soient tous logés d’ici à jeudi prochain (le 21/01), dans des foyers ou des chambres d’hôtel. Il préviendra Teresa ou Bernard quand cela sera possible et également les réfugiés eux-mêmes en leur indiquant leur nouveau lieu de résidence. Il a répété, inlassablement, qu’il ne fallait pas qu’ils s’attendent à être forcément logés à Nice même mais dans la région.
Ceux qui sont malades seront prioritaires sur les quotas de chambres à la DDASS.
Il a également insisté sur le fait qu’il faisait son possible pour atteindre cet objectif mais qu’il fallait préciser aux réfugiés que ce n’était qu’un objectif.
Il nous a demandé combien étaient malades et de quoi ils souffraient !! A nous donc, simples citoyens, d’informer le préfet de la situation sanitaire de ces personnes ?! Nous avons mis en exergue leur dénutrition et leur faiblesse.
Il déplore le fait que les réfugiés "ne parlent pas français et se replient sur eux-mêmes".
(Ils ne demandent que cela mais en ont- ils le loisir dans les conditions dans lesquels ils vivent)
La préfecture a reçu de nombreux messages de citoyen et citoyennes solidaires. Nous apprenons chaque jour les décisions et propositions de Monsieur le sous préfet C. Fasille via Nice-matin. Dernier article en date de ce jour .
Samedi 16 : Une semaine qu’on est là !
La fraternité a encore gagné du terrain du côté de la rue Clément ROASSAL (au fait, c’est qui, Clément ROASSAL ?). Ben oui, forcément, on a progressé dans la connaissance des uns et des autres. Le quotidien se charge de confidences. Et on sent bien que ce que nous vivons là aurait manqué. ADN et Habitat & Citoyenneté ont fait sur place leur permanence logement ce matin. Emotion avec un vieux monsieur du quartier venu apporter 2 caleçons et des fruits secs . L’appel lancé sur le site du diocèse a porté ses fruits, nous recevons des dons collectés par les prétres.
L’après-midi a été marquée par les visites de nos amis du MRAP puis par celle de P. MOTTARD (conseiller général de notre canton) et D. BOY-MOTTARD, venus apporter le soutien de leur présence, de leur contribution et de quelques courses bien utiles. Tous deux, professionnels du droit, ne sont évidemment pas insensibles au sens de notre combat.
Car, au vrai, nous ne sommes pas là pour la seule mise à l’abri des réfugiés mais pour leur accès au droit. C’est ce chemin que nous voulons faire ensemble et la prochaine semaine sera marquée de ce sceau là.
Les solutions bricolées en Préfecture sans les intéressés et sans les opérateurs tels qu’ALC et ACTES gagneront sûrement à être connues...et on se réjouit déjà de savoir tous les demandeurs d’asile sans hébergement à l’hôtel ou en foyers dès jeudi prochain jusqu’à la fin de leur demande d’asile.
Vous dirais-je qu’on veut y croire quand même ? En attendant, ce soir , un ami médecin est venu tout exprès de Cannes pour examiner certains de nos amis. Qu’il en, soit fraternellement remercié ! Teresa, en assistante-infirmière-interprète fut parfaite.
Ce dimanche, journée mondiale des réfugiés et des migrants.
" Par cette journée, l’Eglise catholique veut rappeler, de par le monde, ses convictions et ses engagements pour que soient respectés et reconnus dans leurs droits et dignité les migrants, les réfugiés, les demandeurs d’asile et tous les hommes et femmes de la migration..." Chiche !
Courriers des élus du département
9 janvier : Association Départementale Élus Communistes et Républicains
14 janvier : Marc Daunis Sénateur Maire de Valbonne Parti Socialiste
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Front de Gauche : Solidarité avec les demandeurs d’asile
Mardi matin une délégation d’élus communistes ( Gérard Piel, Robert Injey, Cécile Dumas, Emmanuelle Gaziello, Eliane Guigo, Pierre Bernasconi) a rencontré les demandeurs d’asile hébergés rue Clément Roassal.
Originaires du Mali, du Tchad, d’Erytrée, du Soudan ou de Tchétchénie, ils ont tous fuit leur pays et attendent, certains depuis des mois, une réponse à leur demande d’asile politique.
Dans ce cas là, l’état doit les héberger, c’est la loi.
Complètement abandonnées, ils dorment dans la rue et survivent grâce au collectif associatif de solidarité.
Après un échange instructif nous leur avons communiqué le courrier adressé au préfet des Alpes-Maritimes ainsi que les démarches en cours auprès du ministre – maire de Nice.
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Association Départementale des Elus Communistes et Républicains 6 rue Balatchano 06300 Nice - 04 93 56 04 00 - adecr06@gmail.com - www.pcf06.com
M. Françis LAMY Préfet des Alpes-Maritimes CADAM Route de Grenoble 06286 NICE CEDEX 3
Nice, le 9 janvier 2010
LETTRE OUVERTE URGENT
Monsieur le Préfet,
Nous tenons à exercer nos droits et devoirs de citoyens en vous faisant part de notre indignation devant la situation inhumaine dans laquelle les pouvoirs publics maintiennent, au mépris de la loi française et de la Déclaration des Droits de l’Homme, de nombreux demandeurs d’asile qui ont fui la guerre, les représailles, la famine (au moins 150, venant d’Erythrée, du Soudan, de Somalie, de Tchétchénie, de Biélorussie, …)
Vous n’êtes pas sans savoir que la loi prévoit que tout demandeur d’asile politique doit être hébergé le temps de l’instruction de son dossier. Loi que la France respecte bien peu. Les moyens doivent être mis au service de la loi et des principes humanitaires et non l’inverse, nous semble-t-il !
Le 7 janvier dernier, votre représentant a visité ces sans abri, sur le parking du Paillon à Nice. Il a posé des questions dont les réponses vous ont déjà été communiquées depuis longtemps.
Savez-vous que ces jeunes gens démunis de tout se sont excusés auprès de monsieur le sous-préfet de le recevoir sans pouvoir lui offrir à boire !!! Lui n’avait pas pensé à apporter un thermos de thé ou de café chaud…
Pendant ce temps, la police jetait les matelas du haut de l’esplanade du Paillon … Nous ignorons de qui venait l’ordre.
Les associations vous alertent depuis des mois. Les réponses des services de l’Etat sont très tardives, insuffisantes, inadaptées, peu instruites.
Vous ne pouvez vous décharger de vos responsabilités sur des associations en leur octroyant des moyens dérisoires et en laissant assumer à des bénévoles de bonne volonté un quotidien d’une lourdeur que vous ne paraissez pas évaluer à sa juste mesure.
Ces personnes sont épuisées, frigorifiées, désespérées, sous alimentées et gardent cependant une grande dignité et un immense espoir et une confiance dans les valeurs proclamées par la France. Attendrons-nous qu’il y ait un mort pour verser des larmes de crocodile ?
Nous vous demandons de réagir de toute urgence en hébergeant immédiatement toutes ces personnes, 24h/24, dans des locaux convenables et en leur donnant les moyens d’organiser leurs démarches dans des conditions correctes et paisibles. Des locaux appartenant à l’Etat, à des collectivités locales, à des institutions sont inoccupés depuis des années ; vous avez le pouvoir de les réquisitionner sans délais.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, à notre détermination citoyenne.
Pour l’ADECR 06, le Président, Pierre BERNASCONI
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GISTI - Groupe d’information et de soutien des immigrés
Clémence ARMAND, Droit d’asile, au NON de quoi ? Témoignage d’une officière de protection OFPRA, l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides
Communiqué de la CIMADE sur la situation des demandeurs d’asile érythréens et soudanais à Nice
CIMADE – Communiqué 9/10/09
Une centaine de demandeurs d’asile, érythréens et soudanais, dorment dans les rues de Nice actuellement.
Ils seront chassés par la police à l’aube et, s’ils ne ramassent pas leurs affaires, tout est jeté à la poubelle par les policiers.
Ce sont des primo arrivants, venant de pays en guerre. Ils se sont immédiatement présentés à la préfecture pour demander l’asile.
Vendredi 2 octobre, ils sont venus en nombre à ALC et ont exigé que le droit d’asile soit respecté. Ils ont surtout demandé à être hébergés décemment (cf. Nice-Matin du 6 octobre 2009).
Jeudi 8 octobre, ils n’ont eu qu’un représentant de la DDASS comme interlocuteur, sans qu’aucune solution de leur soit proposée (cf. Nice-Matin du 9 octobre).
Rappelons les textes qui justifient leurs demandes :
· La convention de Genève (ONU)
· Directive européenne 2003/9/CE
· CESEDA article R. 742 — 1
· La jurisprudence du Conseil d’Etat (ordonnance du 21/09/09).
Ces textes ne font pas de distinction entre familles, isolés, ni sexe.
1. Après leur déclaration de demande d’asile, une autorisation provisoire de séjour (APS) doit alors être délivrée dans un délai de quinze jours par le préfet. Ce n’est pas ce qui se passe à la préfecture de Nice, certains sont sous convocation, de mois en mois.
2. Dès l’APS, ils doivent, s’ils sont sans ressource, être accueillis et aidés : logement, nourriture, habillement, et recevoir l’ATA (allocation d’attente, environ 300 EUR par mois).
Ce n’est pas le cas à Nice :
Aucun n’est hébergé.
L’ATA n’est délivrée qu’après plusieurs mois d’attente et certains pendant cette attente souffrent de la faim.
Quand l’ATA est délivrée, bien entendu elle ne peut permettre de se loger à Nice et elle couvre tout juste les autres besoins.
Le Conseil d’Etat, dans ses ordonnances, indique que si les capacités d’accueil spécifiques pour les demandeurs d’asile sont saturées, le préfet doit trouver des solutions d’urgence, pour le temps le plus court possible, pour répondre à cette obligation d’hébergement : solutions d’hôtels meublés, de foyers, mais aussi réquisitions d’immeubles vides (il y en a à Nice !).
La CIMADE, avec d’autres associations qui accompagnent les demandeurs d’asile, demande au préfet des Alpes-Maritimes de faire face à ses obligations pour le respect des droits des demandeurs d’asile.
Elle rappelle qu’actuellement ces personnes qui ont fui les pires persécutions dans leur pays sont dans la rue, que les policiers les délogent chaque matin sans ménagement, que les représentants de la préfecture ne leur conseillent que de « ne pas rester groupés et de se cacher dans des endroits reculés loin des regards ».
Ce n’est pas digne de notre pays et c’est tout simplement illégal au regard du droit international, européen et national.
Pour la CIMADE à Nice,
Elisabeth Grimanelli
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30/12/2009 DEVOIR D’ACCUEIL
Le plan grand froid, à 1 degré près, peut être activé ou désactivé par le préfet. C’est dans ce contexte de froidure qu’une salle d’un gymnase a été réquisitionnée depuis quelques nuits et fournit 35 lits de camp à ceux qui ne trouvent pas à se loger à l’accueil de nuit.
L’équipement se trouve à Nice-Nord (rue Cyrille Besset), c’est à dire assez loin de l’accueil de nuit situé dans le vieux-Nice. Nous sommes quelques un-e-s à rejoindre régulièrement les personnes sans abri sur les deux sites.
Il faut savoir que toutes ces personnes doivent attendre de longues heures dehors dans la vieille ville, afin d’obtenir un hébergement pour la nuit. A 17h, une première attente commence, les places au sein de l’asile de nuit du Cours Saleya étant attribuées en leur totalité vers 18h30. Ceux et celles qui n’ont pu obtenir une place doivent alors appeler le 115 afin d’obtenir un précieux sésame. Celui-ci est attribué à partir de 20h, toujours à l’asile de nuit : onze personnes prioritaires signalées par le 115 (femmes, personnes malades) obtiennent alors un lit d’urgence – les autres, au maximum 35 et uniquement des hommes, se voient attribuer un laissez-passer pour le gymnase de Nice-Nord. Dans ce labyrinthe temporel, il faut encore caser la distribution de nourriture qui a lieu à 19h30 derrière Acropolis ou place de la Libération. Le lendemain, on recommence : attente, re-attente, laissez-passer, tramway, attente, la nuit au chaud, la journée dehors. Parmi tous ces gens, il y a des demandeurs d’asile sans hébergement venus du coin le plus chaud de la planète, la Corne de l’Afrique. Beaucoup n’en veulent pas de cet "accueil" et préfèrent dormir dans le parking de l’avenue Jean Jaurès. On en a vu un l’autre soir s’approcher de l’accueil de nuit puis renoncer à ce circuit absurde.
La colère monte parmi eux : ils savent que des moyens existent pour permettre d’héberger les demandeurs d’asile, dans le respect du droit et des conventions internationales (du reste, certains demandeurs d’asile isolés et très minoritaires sont hébergés arbitrairement en Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile à Nice ou ailleurs : c’est donc bien un choix politique d’organiser leur précarité). On leur a fait croire qu’on allait pouvoir les installer à Cantaron, dans un hôpital désaffecté, puis plus rien. Plusieurs associations ne cessent d’en appeler à la mobilisation des services de l’Etat. Si une réquisition n’a pas lieu (hôtel, immeubles vides etc…), il faudra loger toutes ces personnes à l’hôtel comme on le fait déjà pour les demandeurs d’asile avec des enfants. Quoi qu’il en soit, le droit doit s’imposer par l’égalité de traitement de tou-te-s les demandeur-se-s d’asile. Il en va du succès de leur demande d’asile.
Par ailleurs, les usagers de l’accueil de nuit doivent pouvoir bénéficier de conditions dignes d’hébergement et de la sécurité d’un toit durant tout l’hiver, en ne subissant pas l’accablement supplémentaire d’une attente et d’une itinérance nocturne d’un point à l’autre de la ville.
Nous exercerons une veille hivernale sur ces situations. Si des actes concrets ne sont pas posés ces jours-ci, il faudra bien que le milieu associatif prenne une initiative de mise à l’abri de ces personnes malmenées.
ADN Association pour la Démocratie à Nice et dans les Alpes Maritimes *
********* Decision conseil d’etat :
Demandeurs d’asile : les conditions matérielles d’accueil décentes, corollaire du droit fondamental d’asile (CE, réf., 23 mars 2009, époux G.)
Voir en ligne : http://www.adn-nice.org/